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L'auteur

L'auteur de ce dictionnaire, le docteur Pierre Biron, se présente ainsi : «Professeur et chercheur en pharmacologie fondamentale et clinique à la faculté de médecine de l’Université de Montréal durant trois décennies et depuis la retraite, observateur indépendant de la médicalisation et la médicamentation de la société, de l’influence nocive des industries de la santé sur le savoir médical, les pratiques de prescription et les politiques du médicament.»

Ce site est inclassable. C'est un dictionnaire, certes, et plutôt deux fois qu'une, un dictionnaire anglais-français et un dictionnaire médico-phamaceutique, mais c'est aussi un complément critique au vade- mecum médical et un manuel d'initiation à la méthodologie en pharmacovigilance et pharmacologie clinique.

On peut en outre le lire selon son humeur comme une collection de morceaux choisis relevant du journalisme d'enquête ou comme une initiation à l'éthique en recherche médicale. Si Pierre Biron met tant d'insistance à dire son parti-pris en faveur du public, c'est davantage pour dénoncer ceux de ses collègues qui manquent de transparence que pour s'excuser à l'avance d'un manque de rigueur. De la rigueur, il en a en surabondance. Chacun de ses sursauts d'indignation s'appuie sur des références solides.

Pour ma part, j'y vois d'abord un exemple si original, si bien fondé, si courageux, de la médecine comme science qu'il me rappelle les travaux de pionniers comme Semmelweis et Cochrane. On associe spontanément la médecine comme science aux découvertes faites en laboratoire, comme celle de l'insuline et des antibiotiques. Ce qui aide à comprendre pourquoi les chercheurs de loin les plus connus en médecine sont ceux dont le nom est associé à l'un ou l'autre de ces grands médicaments : Banting pour l'insuline, Fleming pour les antibiotiques.

Après l'étape du laboratoire, la médecine cesse-t-elle donc d'être une science?. On a hélas! bien des raisons de le croire. L'argent entre en effet en scène avant même que la recherche fondamentale ne soit terminée, et à moins qu'on ne soit à son sujet d'une vigilance extrême et constante, il fausse tout sur son passage et il devient très difficile de rétablir les faits. Dans la phase antérieure, le passionné de la vérité se heurte seulement à la complexité de la nature; dans cette seconde phase, il se heurte en plus à la cupidité humaine.

L'objectif de la science est alors de mesurer de mesurer la sécurité, l'efficacité, et l'efficience des médicaments et des traitements. La méthode de base consiste à diviser au hasard un groupe de 100 patients en deux sous- groupes de 50 dont l'un recevra le médicament à évaluer et l'autre un placebo et à comparer les résultats. Cette méthode paraît simple. Elle ne l'est pas en pratique. Il est souhaitable, par exemple, que ni les maîtres du jeu, ni les participants ne sachent à quel groupe les participants appartiennent. Il existe bien d'autres règles de ce genre et on ne les respecte pas toujours. On peut aussi présenter les résultats de façon trompeuse. Soit une étude avec 100 participants: 50 reçoivent le placebo, 50 le médicament à évaluer. On note une réduction de risque dans 12 cas du côté du placebo, dans 16 cas du côté du médicament. Réduction du risque relative de 25% (4 sur 16), conclura celui qui veut à tout prix vendre le médicament; Réduction du risque absolu de 4 sur cent conclura l'honnête chercheur.

Pour repérer les erreurs de ce genre, il faut être un fin limier exerçant une vigilance constante. C'est le grand mérite de Pierre Biron. Il faut être aussi un citoyen engagé. La médecine, a dit le fondateur de la pathologie cellulaire, Rudolf Virchow, est une science sociale. Ce sont des citoyens en chair et en os qui souffrent des erreurs de méthodologie et des résultats manipulés frauduleusement et ce sont des contribuables tout aussi réels qui paient la note, une note telle qu'elle peut détruire ces systèmes de santé publique dont tant de nations, dont le Québec, ont raison d'être fiers. Le médecin accompli n'est pas seulement un médecin dans la société, mais un médecin de la société, à l'instar du médecin de campagne de Balzac

« Les médecins demeurent un groupe puissant et respecté, quoiqu’ils en disent. Ne serait-ce que parce qu’ils détiennent entre leurs mains (et qu’ils distribuent par leur signature) le budget le plus important de l’État, un pouvoir de gestion du PIB inégalé dans l’histoire et incontesté dans son principe. Le pouvoir médical est là, dans le poids économique, dans les conséquences budgétaires et sociales des décisions thérapeutiques[41].»

« Un monde médico-hospitalier et pharmaceutique laxiste ou âpre au gain saperont un des systèmes de santé les plus performants qui soient [i.e. un régime public] s’il n’est pas mis fin à leurs dérives. La relation soignant-patient atteint un tel degré de sophistication technologique et mobilise de tels budgets que l’État doit s’y impliquer de plus en plus[42.] »

Avertissement

Le contenu de cet ouvrage n’est en aucun cas destiné à servir de recommandation ou de guide de pratique clinique.

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